Mercredi 6 février 3 06 /02 /Fév 22:57
journal Le Temps 3 février 2008
Pour un meilleur positionnement
Riadh Zghal : Professeur émérite Université de Sfax

// Au-delà des accords de libre échange avec l'Union Européenne et des accords signés avec l'OMC, on sait que la politique nationale de développement s'est toujours appuyée sur des orientations stratégiques précises. Ces orientations sont inscrites dans les programmes électoraux présidentiels et dans les plans nationaux de développement. Ces orientations sont naturellement déclinées par secteur.

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 C'est pourquoi, afin de saisir la portée de la loi d'orientation de l'enseignement supérieur actuellement débattue au sein de la Chambre des Députés et de la Chambre des Conseillers, il importe de revenir au XIe Plan de Développement National 2007-2011, tout en considérant la recherche d'un meilleur positionnement de notre pays dans un environnement international marqué par la compétitivité.
Le XIe plan définit ce que la nation peut attendre du secteur de l'enseignement supérieur et de la recherche scientifique à savoir « Réaliser un saut qualitatif dans les différents domaines de manière à mieux répondre aux exigences du développement et à faciliter l'intégration de l'économie nationale dans une économie globalisée ainsi que l'exploitation des opportunités offertes par cette dernière1. » Cela implique comme précisé dans le document du plan : un relèvement de la qualité de l'enseignement supérieur de manière à instaurer une économie de la connaissance, un partenariat généralisé avec l'environnement, la constitution de pôles d'excellence, parallèlement à l'adoption de modes de formation en harmonie avec les systèmes internationaux fondamentaux2 et le renforcement de l'enseignement à distance.
A la lecture de ces orientations il est aisé de reconnaître que le rôle imparti à l'enseignement supérieur et la recherche scientifique revêt une importance stratégique pour la réalisation du projet de développement national. Pour assurer ce rôle, le secteur devra se doter du cadre institutionnel à même de permettre la réalisation du « saut qualitatif » attendu. C'est, nous semble-t-il, la finalité principale de ce projet de loi. Avant d'examiner les innovations inhérentes à cette loi comparée à celle de 1989 actuellement en vigueur, nous évoquerons les problématiques de l'enseignement supérieur et de la recherche scientifique dans les pays économiquement avancés.   
 
Enseignement supérieur et développement
Il est admis aujourd'hui que le progrès technologique et le savoir qui le sous-tend constituent l'une des principales forces motrices du développement économique. Cela paraît évident si l'on remarque l'importante dose de science et de recherche et développement (R&D) incluse dans les produits utilisés au quotidien par le citoyen moyen. Il en résulte une importance capitale donnée à l'enseignement supérieur et la recherche scientifique par les politiques nationales et les structures internationales. Les études réalisées par des organismes internationaux invitent à améliorer la performance du secteur3.
Ainsi la Banque Mondiale suggère à chaque pays de déterminer l'apport qu'il peut attendre de façon réaliste de l'enseignement supérieur (quelle est sa contribution au développement économique, social et politique?) et d'établir des objectifs clairs tout en prenant en considération une concurrence internationale croissante.
L'UNESCO avait organisé durant l'automne 1998 - il y a déjà dix ans - une conférence mondiale sur l'enseignement supérieur. La déclaration finale de cette conférence définit les missions de l'enseignement supérieur dont l'éducation, la formation, la recherche et la contribution au développement durable et l'amélioration de la société en tant que tout. Elle souligne des questions comme la qualité de l'enseignement, sa diversification, l'exploitation du potentiel des techniques de l'information et de la communication, et le réseautage des institutions notamment à l'échelle internationale. Elle insiste aussi sur certaines valeurs qui devraient être présentes dans les institutions universitaires : éthique, rigueur intellectuelle, esprit critique et vision à long terme.
Les tentatives de définir un référentiel international se multiplient à l'échelle régionale ou internationale. Le processus de Bologne adopté par les pays de l'Union Européenne en 2000 institue, outre l'harmonisation des structures de formation, l'assurance qualité au niveau des institutions universitaires. 
L'existence d'un référentiel international n'empêche pas de considérer que l'enseignement supérieur remplit des fonctions qui peuvent varier d'un pays à l'autre et d'un contexte local à un autre même si l'on admet que ces fonctions s'articulent autour de quatre finalités universelles4 :
* Le leadership académique : disposer de professeurs hautement qualifiés, développer une recherche de qualité, originale et publiée dans des supports reconnus à l'échelle internationale.
* Le développement professionnel : préparer les étudiants à des métiers requis par le marché. Cela s'impose désormais comme critère d'évaluation de la formation.
* La formation technologique destinée à assurer une insertion professionnelle à court terme.
* La formation supérieure générale : qui répond à la tendance des étudiants à occuper des emplois différents de ceux pour lesquels ils ont été formés. La formation générale développe des habiletés intellectuelles qui devraient être utiles à une variété de métiers possibles et à de nombreux rôles de citoyen.
 
L'apport de la loi d'orientation
On peut de prime abord affirmer que la loi d'orientation de l'enseignement supérieur constitue un support de taille pour la réalisation des objectifs du XIe Plan dont celui du développement d'une économie de la connaissance et de l'insertion avantageuse du pays dans un monde globalisé. De même, cette loi prend en considération les problématiques du secteur telles qu'elles sont définies dans les stratégies et les référentiels internationaux à savoir : l'affirmation du rôle des universités dans le développement national et local, l'assurance qualité et l'accréditation, l'autonomie des institutions universitaires, l'exploitation des technologies de l'information et de la communication, la participation de différentes parties prenantes dans la gestion, l'évaluation et la définition des curricula, la préparation adéquate des étudiants à occuper les emplois correspondants aux besoins de l'économie ainsi que l'affirmation des principes de l'éthique, de l'excellence et de la compétitivité.
C'est dans cette optique que la loi définit clairement les missions du secteur de l'enseignement supérieur et de la recherche scientifique. Le mode de formation qu'elle institue - licence, mastère, doctorat - est en cohérence avec celui en vigueur chez les principaux partenaires économiques du pays à savoir l'Europe mais aussi l'Algérie et le Maroc.
Ce qui caractérise cette loi et représente un véritable changement de paradigme de l'enseignement supérieur dans notre pays ce sont, à notre avis, ces deux dispositions :
1- Il sera désormais demandé aux institutions universitaires de planifier sur quatre années leurs activités d'enseignement et de recherche qui feront l'objet d'un contrat avec l'Etat représenté par le ministre de l'enseignement supérieur. Cela implique une autonomie nouvelle pour ces institutions, un investissement important pour l'élaboration du plan quadriennal qui va exiger non seulement de l'imagination mais surtout une concertation avec les diverses parties prenantes notamment les agents économiques de la région et/ou de la localité géographique d'implantation de l'institution.
1- L'évaluation et l'assurance qualité comme corollaire logique de la contractualisation et du contrôle a posteriori. Elles représentent un changement majeur dans l'approche de la gestion des institutions d'enseignement supérieur et de recherche même si des expériences pilotes ont déjà été réalisées durant les deux ou trois dernières années. Il faudra pour cela définir des normes de qualité en rapport avec les objectifs de performance définis. Il faudra ensuite réaliser une évaluation interne et se doter d'une équipe qualifiée et engagée dans la réalisation de cette mission. Enfin il faudra se soumettre à une évaluation externe réalisée par une équipe d'experts. L'avaluation et l'assurance qualité sont conçues dans une optique à la fois objective et positive. Ses résultats sont, principalement, l'identification des forces et des faiblesses de l'institution et la détermination d'actions à entreprendre pour réduire les secondes et renforcer les premières. Cela est à même de déclencher un processus de changement continu de l'institution. Il favorise également le développement de capacités nouvelles et une flexibilité permettant à la fois de s'adapter aux changements de l'environnement et de relever la barre des objectifs de plus en plus haut. En définitive l'évaluation va donner de la transparence au fonctionnement des institutions et va impulser une dynamique en faveur de l'excellence. Et comme l'évaluation fait intervenir tous les acteurs concernés y compris les étudiants et les employeurs, l'institution sera plus à même de répondre à leurs exigences. L'assurance qualité devrait garantir la durabilité des améliorations réalisées et du respect des normes établies.
Ces deux orientations - contractualisation et évaluation de la qualité - représentent des objectifs qui introduisent une nouvelle culture dans le secteur. On apprécie que la loi ait prévu cinq ans pour l'entrée en vigueur totale de la réforme car le changement de culture est un phénomène complexe et lent. Il se heurtera nécessairement à des résistances (on assiste déjà à des levées de bouclier par certains). L'application de cette loi va redistribuer les cartes de la responsabilité relative aux résultats et à la performance du secteur. Ce sont les institutions qui vont occuper désormais les premières loges en la matière car ce sont elles qui vont établir leurs plans d'action et se soumettre à une évaluation en conséquence. Ses diverses parties prenantes partagent cette responsabilité : enseignants, étudiants, employeurs, administrateurs et employés, partenaires locaux, régionaux et nationaux. Bref, la balle sera désormais dans le camp des acteurs sociaux des institutions universitaires d'enseignement et de recherche. C'est un défi énorme à relever.
Ceux qui, comme nous, ont appelé à des réformes de cette importance depuis une dizaine d'années et plus5 ne peuvent que se réjouir de cette loi. En revanche, et pour se donner les moyens de relever cet immense défi et mieux vaincre les résistances, il nous semble qu'il faudra veiller à certains préalables.
1. Il y a d'abord nécessité de réaliser une campagne d'information soutenue et moderne pour que toutes les parties prenantes de l'enseignement supérieur et de la recherche scientifique saisissent la portée de cette loi et son intérêt pour la nation.
2. Chaque institution universitaire qui s'engage dans le processus d'évaluation devrait se doter d'une équipe sensibilisée, formée et engagée dans l'amélioration de la performance de son institution. Le choix d'une mise en application de la loi sur une période de 5 ans laisse une marge suffisante pour constituer de telles équipes.
3. Une autre question délicate concerne le recrutement des directeurs/doyens d'institutions et des présidents d'université. Le principe de nomination et d'élection sur la base de la notoriété ou du capital social dont dispose le professeur nous semblent insuffisants au regard des exigences de la mise en œuvre d'une telle loi. Il faudra que les candidats à de tels postes bénéficient certes d'expérience dans le secteur, de qualités scientifiques et de réalisations dans le domaine de la recherche. Ils doivent présenter néanmoins des qualités d'entrepreneur capable de concevoir et de réaliser un projet, des prédispositions au leadership pour gérer de manière participative et associer à la prise de décision des partenaires de différents horizons, en plus des qualités éthiques car c'est la condition nécessaire pour atteindre les objectifs d'excellence et de compétitivité de l'institution.
4. A l'échelle nationale, il faudra se doter de compétences imbues des principes de l'évaluation objective et positive, celles qui ne jugent pas mais dévoilent les opportunités d'amélioration continue. Les experts de l'évaluation devraient être réunis dans des structures indépendantes et bénéficier de légitimité auprès des institutions qui se soumettent à leur examen.  
 
1 page 272
2 Cette nécessité d'harmonisation internationale des structures a impliqué des réformes de l'enseignement supérieur dans de nombreux pays cf. « L'enseignement supérieur, une compétition mondiale ? » Dossier de la Revue Internationale d'Education Sèvres, n°45, septembre 2007
3 Banque Mondiale (2000), Higher Education in Developing Countries, Peril and Promise
 UNESCO (1998) Conférence mondiale sur l'enseignement supérieur
4 De Moura Castro C. & Levy D. C. (2001) « Four Functions in Higher Education » International Higher Education - n° 23 Spring 2001 pp. 5-6
5 Cf. J. M. Plassard & S. Ben Sedrine(1998) (sous la direction) Enseignement supérieur et insertion professionnelle en Tunisie, Université des Sciences Sociales de Toulouse, voir en particulier S. Zouari-Bouattour « L'enseignement supérieur en Tunisie : les enjeux » pp50-71
Y. Essid (sous la direction) (1999) Nouveaux modes d'acquisition du savoir et travail humain, Faculté des Lettres et des sciences humaines de Sfax et Faculté des sciences économiques et de gestion de Sfax, voir en particulier R. Zghal « Formation et défis de la globalisation : employé formé ou organisation qualifiante » in pp. 59-66
Colloque Valeur et valeurs organisé par la Revue Tunisienne des Sciences de Gestion (RTSG) ; Tunis 7-9 février 2002
Riadh Zghal : Professeur émérite Université de Sfax
Par Universitaire tunisien
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Mercredi 6 février 3 06 /02 /Fév 22:47

Dimanche 3 février journal Le Temps

« Agir à ce sujet aussi important que l'avenir de toute notre Tunisie ; ce n'est pas aussi simple que cela ;exige une certaine maturité et un certain nationalisme et responsabilité devant nos futures générations.

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 En tant que père de 3 fils à l'université et fidèle à ma Tunisie -plus particulièrement après le Changement bénéfique du 7 Novembre 1987-et ayant passé des années à l'université -Je suis docteur en médecine dentaire et spécialiste; j'aimerais avertir tous les décideurs de ne pas se précipiter de cette façon et de prendre les avis , les remarques et les réclamations de tous ceux qui peuvent et pourront aider le Gouvernement à prendre de telles décisions.
Tout ce qui concerne l'université est très important. Soit c'est le succès soit c'est l'échec.
L'échec est catastrophique et coûteux pour tout le pays. C'est pour cela que j'agis et que je dois intervenir en tant que Tunisien majeur et vacciné et responsable (chef de famille,médecin, nationaliste et âgé de 56 ans).
Il s'agit,en fait,de la fierté de la Tunisie, qu'est l'université; symbole de la grandeur du pays.
Il s'agit des élites de notre société, de notre pays. Ce n'est pas aussi simple que cela ! C'est une grande erreur si on ignore ou on dépasse les professeurs universitaires ainsi que les représentants des étudiants. Avec tout mon respect pour Monsieur le ministre ainsi qu'à tout son staff, je dis que rien ne peut et ne pourrait réussir sans les professeurs universitaires. Je dirais même que vous serez le principal responsable si n'importe quel projet dans ce sens allait à l'échec. Je ne menace personne mais je ne pardonne jamais ceux qui prennent les choses à la légère et qui touchent l'avenir de notre cher pays.
Dans un pays démocratique et républicain comme le nôtre, ce sont les professeurs qui décident et non pas les administrateurs.
L'université c'est sacré et le prestige de tous les pays développés ».
Docteur Chriaa Abdelhamid
Par Universitaire tunisien
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Jeudi 31 janvier 4 31 /01 /Jan 21:56
ESSABAH 31/1/2008 فلنصنع معـا مستقبـل الجامعة التونسية بقلم: عبد السلام الككلي(*) في تطور مفاجئ اجل مجلس النواب عرض مشروع القانون التوجيهي للتعليم العالي على الجلسة العامة قصد المصادقة عليه وقد كان من المزمع عرضه للمصادقة يوم الثلاثاء 29 فيفري 2007 وبهذا التأجيل فان المشروع سيعود مرة أخرى إلى طور اللجنة. ولا نعلم على وجه الدقة إذا كانت الحكومة ستعمد إلى تعديل جزئي يمس صياغة بعض الفصول او أنها ستعيد صياغة المشروع برمته. وقد يكون للانتقادات التي وجهت لمشروع القانون من قبل المجلس الاقتصادي والاجتماعي ومن قبل الاتحاد العام التونسي للشغل ومن قبل النواب علاقة بهذا التأجيل. ومن المحتمل أن هذه الخطوة غير المرتقبة جاءت لتلافي تصويت غير ملائم وضحت بعض ملامحه من خلال الاحترازات الجوهرية التي عبرت عنها اللجنة الخامسة للتربية والتي لم تستطع إعادة شرح الاسباب التقليل منها. إن هذا القانون الذي نتابع ميلاده العسير يكتسي أهمية كبرى باعتبار ما يترتب عنه من إعادة نحت لملامح منظومة التعليم العالي وهيكلتها وتقسيم الادوار ومهام المتدخلين، ومن تأثير على ظروف العمل وأداء المنظومة الجامعية. وان خطورته تكمن في إدراج مسائل جديدة وجوهرية صلبه مثل التقييم والجودة والاعتماد. لكنه رغم خطورته لم يحظ بتشريك الطرف الممثل للجامعيين في صياغة بنوده وعناوينه، بل انفردت الوزارة بالرأي والصياغة، ولم تدع الجامعة العامة للمشاركة فيه رغم المراسلات المتعددة التي وجهتها للوزارة قصد المساهمة في تصور مكوناته وبنوده. إن صياغة هذا القانون تمت بتجاهل كامل للجامعة، اذ أن الوزارة لم تول أي اهتمام للنص الذي صاغه خبراء الهيكل النقابي وعرض على الاستشارة القاعدية النقابية الواسعة ثم على مصادقة الهيئة الادارية للقطاع وهو تجاهل قلما جرت به العادة ويأتي وسط مناخ من التوتر العام داخل الجامعة ومن أزمة تمثيل نقابي مفتعلة استغلتها الوزارة حتى يمكنها التصرف بشكل منفرد أوقعها حسب ما تدل عليه كل الشواهد في ارتجالية كان من مخلفاتها التسرع في عرض القانون على لجنة التربية دون التوقف ولو قليلا عند الاحترازات التي تقدم بها المجلس الاقتصادي والاجتماعي والتي وجدت لها صدى عميقا لدى النواب باختلاف ارتباطاتهم الحزبية. ونظرا إلى أن القانون التوجيهي يعتبر العمود الفقري للمنظومة القانونية للتعليم العالي والبحث العلمي وإلى أن مراجعته ستؤثر بلا ريب على مجمل النصوص المتعلقة بالقطاع وخاصة منها القوانين الاساسية، فإننا نسوق الافكارالتالية متوقفين فقط عند بعض الفصول المثيرة للجدل آملين من خلالها إيصال تطلعات الجامعيين ومشاغلهم إلى آذان صانعي القرار حتى لا نُفوّت فرصة إصدار قانون منسجم مع روح العصر ومع ما هو معتمد في جامعات البلدان المتقدمة بل وفي بعض البلدان العربيّة والافريقيّة، وحتى لا نأخذ من الاصلاحات قشورها ونترك لُبَّها. يتطرق المشروع في فصله الثالث، إلى اعتماد نظام الدراسات والشهائد الجديد المعروف باسم «امد (إجازة، ماجستير، دكتوراه)، ولابد أن نذكر هنا أن هذه المنظومة التي لم تخضع إلى استشارة جدية وصنعت في غياب التمثيل النقابي ستصل قريبا إلى استكمال هيكلتها الجديدة،، على ضوء مجموعة من الاصلاحات التي همت المناهج ومسميات الشهادات والمسالك والشعب، ورغم ذلك فإننا لا نشعر كأساتذة بتغيير يذكر، باستثناء التقليص من عدد سنوات التكوين الاساسي الجامعي من أربع سنوات إلى ثلاث بتغيير النظام العام للشهادات، ليتوافق مع نظام «امد». في حين لم تتم مواكبة التغيير في أساليب التدريس بما يناسب الهيكلة الجديدة من إمكانيات مالية وتقنية وتأطيرية، وظلت كليات التكوين النظري العام خاصة تشكو من قلة الامكانات المادية وتدهور بنيتها التحتية وضعف إطار التدريس فيها. ولقد انتظر الجامعيون أن يصلح القانون الجديد المقترح كل نقائص المنشور الوزاري الذي اقر بموجبه نظام «امد» وذلك بإحداث تغييرات على مستوى أنظمة التأجير والرتب، وإرساء هياكل مصاحبة وتسيير على مستوى جهوي في إطار الجامعات، وضبط المهام الجديدة وبالخصوص منها المهام البيداغوجية المرتبطة بإصطحاب الطلبة في مسارهم التكويني وفي متابعة أنشطتهم وتقييمها وكذلك المهام الادارية المتعلقة بالتوجيه، إلى غير ذلك من المهام التي يسكت عنها المشروع الحكومي المقترح في حين أنها من جوهره وتستدعي ضبط حجمها ومكافأتها. ولا بدّ أيضا من توخي المنظومة الجديدة المرونة في ضبط تنظيم ساعات التدريس السنويّة لاضفاء النجاعة اللازمة على بقية المهام. أما في ما يخص الجامعات فانه من الضروري التوقف عند ما جاء به الفصل 9 الذي يضفي صبغة جديدة على المؤسسات الجامعيّة إضافة إلى الصبغة القديمة (مؤسسة عمومية ذات صبغة إدارية... تلحق ميزانيتها ترتيبيا بميزانية الدولة) وتتمثل هذه الصبغة الجديدة في (مؤسسة عمومية ذات صبغة علمية وتكنولوجية... تخضع إلى التشريع التجاري)، والسؤال هنا يتعلق بكيفية تمويل المؤسسات ذات الصبغة التكنولوجية، وبالاسباب الكامنة وراء عدم التنصيص على أن ميزانيتها ملحقة ترتيبيا بميزانية الدولة؟ وينصّ الفصل 10 على أن الجامعات مستقلة في أداء وظائفها البيداغوجية والعلمية وتضمن موضوعية المعرفة، بدون الاشارة إلى الاليات التي تضمن هذه الاستقلالية، ولابد أن نشير في هذا الباب إلى أن النظام الجامعي في القانون الساري المفعول مقفل شديد الاقفال ويبرز ذلك في الغلبة المطلقة لمبدا التنصيب على مبدا الانتخاب فرئيس الجامعة معين وعمداء الكليات من صنف «ب» معينون وأكثر من نصف مجالسها العلمية معينة وجميع مديري المعاهد العليا معينون. وإذا ما نظرنا إلى المسالة بشكل اعم واشمل لاحظنا ان سلطة الاشراف ما تنفك تعزز بشتى الاشكال صور تدخلها في حياة الجامعات وتفاصيل تسييرها وليس من الغريب أن يتزامن ذلك مع إلغاء دور النقابة. ويبرز احتكار سلطة القرار هذا في الفصل 14 من مشروع القانون الذي يكرس كل عيوب النص الحالي ففي حين كان يُنتظر من وزارة التعليم العالي، أن تنسج على منوال الجامعات في عديد البلدان المتقدمة وتلك الشبيهة بنا، باعتماد مبدا انتخاب رؤساء الجامعات ونوابهم عوض التسميّة، فإنها لم تكتف بتجاهل هذا المطلب الاساسي بل عمدت إلى التمديد في مدة تعيين رئيس الجامعة من ثلاث سنوات حاليا مثل العمداء والمديرين إلى أربع سنوات. فهل يمكن الحديث مع هذا التوجه عن استقلالية الجامعات؟ ولماذا نستنسخ برامج «امد» والجودة والتقييم من الجامعات الاجنبيّة ونغلق الابواب أمام أساليب التسيير الذاتي المعتمدة في هذه الجامعات في إدارة المؤسسات وتعيين المسؤولين رغم الطابع العمومي لتمويلها؟ مع العلم أن أسلوب اللامركزية الادارية يعد وسيلة فنية عملية ناجعة لتوعية المواطنين سياسيا واجتماعيا وتكوين وتربية الروح والاخلاقيات الديمقراطية لديهم عن طريق المشاركة في تنظيم شؤونهم العامة على مستوى الهيئات والمؤسسات الادارية اللا مركزية. إذن ما الضرر من ذلك؟ ولماذا لا يضبط الفصل 19 من مشروع القانون تركيبة مجلس الجامعة صلب نصّ القانون ويحيل ذلك إلى أمر يصدر لاحقا؟ ويلاحظ أن مجلس الجامعة في البلدان المتقدمة ذو تركيبة تمثيلية ويحرز فيه إطار التدريس والبحث على أغلب المقاعد. ويتطرق الفصل 22 إلى إحداث مجلس يدعى مجلس الجامعات يرأسه الوزير المكلف بالتعليم العالي ويتركب من رؤساء الجامعات والمديرين العامين للادارة المركزية بالوزارة، ويلاحظ استثناء عديد الاطراف الفاعلة من هذا المجلس مثل عمداء ومديري المؤسسات الجامعيّة رغم أهميّة الصلاحيات الموكولة لهذا المجلس (وضع برامج البحث ونظام الدراسات، تأهيل المؤسسات، التنسيق بين الجامعات) والسؤال هنا، لماذا لا يقع النسج على منوال الجامعات العالمية المتطورة وذلك بإحداث مجلس أعلى للتعليم العالي والبحث العلمي ممثل يكون الاطار الامثل لتنسيق المقاييس والمعايير المتعلقة بمسائل استنباط الاصلاحات ومتابعة انجازها؛ الخارطة الجامعية؛ التنسيق بين الجامعات؛ توزيع عناوين الميزانية؛ تحديد برامج الاستثمار والتجهيز؛ الاشراف على الجودة والتقييم... وبالاضافة إلى ذلك فقد جاء الفصل 24 ليكرس ما جاء به القانون الحالي وهو حرمان الجامعيين من الحد الادنى الديمقراطي والتشاوري المتعلق بانتخاب مسيّريهم كما يقع في جل بلدان العالم وكما تأسست عليه الجامعة التونسية تاريخيا (أنظر قانون 1958)، حيث ينصّ على أن المديرين هم بالضرورة مُعيّنون أمّا العمداء فيقع تعيينهم عند تعذر انتخابهم. ويُذكر أن نسبة المؤسسات الجامعية التي يسيرها مسؤولون منتخبون لا تتجاوز حاليا 10% من جملة المؤسسات وذلك بحكم شرط توفر8 أساتذة من صنف "أ" في الكليات لانتخاب العميد واستثناء المعاهد والمدارس العليا من مبدا الانتخاب أصلا، كما يكرّس الفصل 26 الصبغة الاستشارية للمجلس العلمي ويحيل ضبط صلاحياته وتركيبته إلى أمر، في حين يطالب الجامعيون بإسناد سلطة البت النهائي للمجالس العلميّة إذ بدون ذلك لا قيمة لوجودها ولا مجال للتحدث عن التشاور والمشاركة صلب الجامعة التونسيّة، كما يطالبون بالتنصيص صلب القانون التوجيهي على صلاحيات وتركيبة وطرق تسيير المجالس العلميّة وعدم إحالة ذلك على أمر، وبضرورة انتخاب رؤساء الاقسام وإحداث مجالس أقسام عن طريق الانتخاب.. أما فيما يخص عقود التكوين والبحث، فلِمَ لا يقع التنصيص على ضرورة اعتماد مبدا الرقابة اللاحقة على مصاريف المخابر والوحدات عوض الرقابة السابقة علما أن رئيس الجمهوريّة قد أعلن عن ذلك منذ مدّة؟ وفيما يخص الاحكام المالية، فإننا نستغرب الترتيب الذي جاء الفصل 35 الذي، فاجأنا حين جعل مساهمات الطلبة في أول الترتيب من جملة ثمانية مصادر لتمويل الجامعات، وقد أثارهذا الترتيب غير المسبوق استغراب المجلس الاقتصادي والاجتماعي الذي أوصى بإعادته وبالتنصيص على مجانية التعليم وعلى مبدا التمويل العمومي كمورد رئيسي له، ويخشى الجامعيون والاولياء أيضا أن يكون ذلك مدخلا إلى خصخصة التعليم العالي وإلى انسحاب الدولة تدريجيا من تمويله. وهنا لابد أن نؤكد أن من مكاسب هذه البلاد التي راهنت منذ استقلالها على التعليم الصبغة العمومية للتعليم العالي والبحث العلمي، مشددين على ضرورة "التصدي لسلعنة التعليم العالي، ولانسحاب الدولة منه تحت غطاء استقلالية الجامعة".. ملحين على ضرورة "الحفاظ على مبدا المجانية في تسيير مرفق التعليم العالي والبحث العلمي، وتعهد الدولة بتمويل منظومته، بغاية تمكين كافة حاملي شهادة الباكالوريا أو ما يعادلها من الشهادات، من التسجيل بالمؤسسات الجامعية وضمان تكافؤ الفرص أمام التعليم العالي والبحث العلمي"، بدون التغافل عن ضرورة ترشيد التصرف في الموارد المتاحة طبقا لمعايير واضحة وعادلة".. وحول العنوان الخامس المتعلق بالتقييم وضمان الجودة والاعتماد، وهي مفاهيم جديدة تُقحَمُ في التعليم العالي وتُستنبط من مجال تأهيل المؤسسات الصناعيةّ، يتطرق الفصل 42 إلى إحداث "الهيئة الوطنية للتقييم وضمان الجودة والاعتماد وتضبط تركيبتها وطرق تسيير أعمالها والمنح المخولة لاعضائها بأمر"، متنكرا مرّة أخرى إلى مبدا الانتخاب كإحدى آليات الاستقلالية التي يتحدث عنها القانون في المبادئ العامة. ويرى الجامعيون ضرورة اعتماد مبدا الانتخاب لتشكيل مختلف اللّجان المتدخلة في برامج الجودة بحيث يكون إطار التدريس والطلبة ممثّلين وتكون هذه الهياكل ممثّلة لمختلف الاختصاصات ويتمّ اعتماد مقاييس موضوعية وشفافة عند النظر في مشاريع البرامج. وتكون قرارات اللجنة الوطنية للجودة والتقييم معلّلة وقابلة للطعن. كما ينبّهون إلى مخاطر استعارة مفاهيم تنطبق على تأهيل المؤسسات الاقتصادية مثل "الاعتماد" دون توضيح مقاصدها وأهميتها بالنسبة لمؤسسات التعليم العالي. وبخصوص مسألة التقييم (الفصل 45) لا بدّ من الاقرار بأنها مدخل ضروري للتحسين المتواصل لاداء المؤسسات الجامعية ولكن يتعيّن أن تتمّ من قِبَلِ المجالس العلميّة ومجالس الجامعات وفق ضوابط يقع تحديدها بصفة تشاركية اعتمادا على مرجعيات اليونسكو وأن يشمل التقييم كل المتدخلين وألا يقتصر على إطار التدريس فقط. هذه جملة من التساؤلات التي نسوقها بعد إطلاعنا على مشروع الوزارة للقانون التوجيهي للتعليم العالي وإننا لا نسعى من خلال هذه الملاحظات السريعة إلاّ إلى العمل من أجل أن يكون القانون التوجيهي الجديد في مستوى طموحات كافة المتدخلين في القطاع الشيء الذي يمكنهم من أداء دورهم في أحسن الظروف السانحة للارتقاء بأداء مؤسساتنا الجامعية إلى مستوى شبيهاتها في الدول المتقدمة. نريد في الاخير أن ننبه إلى أن التسرع في استصدار القوانين سيؤدي بلا شك إلى نتائج وخيمة على جميع المستويات (التكوين، نجاعة تسيير المؤسسات الجامعية، تحكم الطلبة في مساراتهم الجامعية، ربط منظومة التعليم العالي بسوق الشغل) مع العلم أن الاوساط الجامعية استقبلت خبر التأجيل بشيء من الارتياح المشوب بالحذر آملة أن لا يسفر هذا الاجراء عن تعديلات جزئية توهم بالمراجعة غلقا لباب الكلام وسدا للذرائع وإيهاما بتريث لامعنى له إذا لم يؤخذ هذه المرة برأي من يعنيهم مصير الجامعة ومستقبل التكوين وجودته في بلادنا، اساتذة وأولياء ونوابا ومواطنين. عبد السلام الككلي جامعة منوبة
Par Universitaire tunisien
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Mercredi 30 janvier 3 30 /01 /Jan 16:51
Eh oui!!!  je  n'étais pas loin de penser que mosaïque (mosa-reek en arabe) c'est la médiocrité (sauf quelques rares exceptions)...je découvre que mosaïque  a consacré une émission au plagiat à l'Université tunisienne: http://www.mosaiquefm.net/index/a/ActuDetail/Element/3248
bref...l'Université (et certains universitaires) devront se hausser au "niveau" de mosaïque.....entre-temps...plusieurs de nos "responsables" préfèrent fermer les yeux et se boucher les oreilles...être les complices des voleurs....à suivre....
Par Universitaire tunisien
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Lundi 28 janvier 1 28 /01 /Jan 22:03
Naceur Ben Cheikh, Professeur d'Enseignement Supérieur :« les meilleures conditions d'accès à la qualité »  Le Temps 28/1/2008

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Le projet de texte de loi se rapportant à l'Enseignement Supérieur et à la Recherche Scientifique, destiné à remplacer, celui en vigueur, depuis le 28 juillet 1989, est de carrière stratégique et comme tel s'inscrira dans l'histoire de notre pays comme le texte fondateur d'une nouvelle vision de l'enseignement supérieur et de la recherche, par son implication réelle et déclarée dans le processus d'activité nationale de production et d'échange de biens et des services.

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 Car, il s'agit, dans le cas de l'enseignement aussi, d'une activité de mise en valeur de nos ressources afin d'en améliorer la qualité, la performance et le rendement.
Cette « économisation » d'une activité de production dont le matériau de base est constitué de jeunes citoyens, en position de « trans-formation » et de mise en valeur(s) est déjà sous entendue dans le vocable de « ressources humaines » à travers lequel on désigne la gestion du personnel d'une entreprise ou bien d'une administration. Si, pour des raisons évidentes, la gestion du personnel s'inscrit plus facilement plus facilement dans une logique économique, l'extension de l'approche « économique » à une activité, réputée à forte connotation intellectuelle comme l'enseignement supérieur, pourrait être interprétée, comme une soumission de « ces bastions du savoir » que sont nos universités, aux fins de l'activité spécifiquement économique. Activité que l'on pourrait juger, dans certains cas extrêmes comme étant trop intéressée par la réalisation de ses objectifs immédiats, sans se préoccuper de l'avenir, sur long terme.
 
Idéologisme aliénant
Ce dont il est question dans cette insertion de nos universités dans le cadre plus général de l'activité économique qui ne doit, en aucune manière, être assimilé à ce rapport rédacteur entre une université qui, dans ce cas, est supposée isolée, neutralisée, distante et coupée de la réalité, parce que attachée aux idéaux qui la fondent, d'une part et de l'autre, une économie qui serait consacrée à la réalisation exclusive du profit. Pareille interprétation d'un état d'esprit dont le moins que l'on puisse dire est qu'il est fortement imprégné d' « idéologisme » aliénant.
L'on ne peut ignorer, en effet, que la conscience, dont le pouvoir politique a fait preuve, d'impliquer la formation dispensée par nos universités dans la réalité économique du pays ne date pas aujourd'hui. Cela constitue, particulièrement depuis le Changement, une des priorités du programme d'insertion active de notre pays dans une contemporanéité, marquée par la mondialisation, que la Tunisie, sous la conduite éclairée du Président Ben Ali est en train de réussir, puisque sa réalisation ininterrompue et méthodique nous a déjà permis d'être classés parmi les pays émergents.
Mais, il y a une différence entre ressentir un besoin, établir même un diagnostic et établir une stratégie conséquente pour répondre à ce besoin. Car l'intégration de l'Enseignement Supérieur dans l'activité économique, même si une approche quoique peu administrative, a tendance à la présenter sous l'angle d'adéquation avec le marché de l'emploi, relève, en fait, de considérations beaucoup plus profondes. La nécessité de cette intégration peut, le cas échéant, prendre l'aspect d'un changement qualificatif d'option et être à l'origine d'un véritable bond qualificatif. Dans ce sens, il serait plus que souhaitable d'abandonner cette langue de bois qui consiste à présenter l'actuelle réforme, dont le projet de texte de loi est porteur, sous l'angle de l'adaptation à la conjoncture internationale et d'obligation de nous rallier aux choix déjà adoptés par des partenaires plus avancés. Cette manière de « défendre » le projet en déclarant sa nécessité, extérieure à la logique de l'évolution propre du rythme de notre développement global, est de nature à laisser la porte largement ouverte aux allégations les moins fondées des interprétations à caractère idéologique dont nous avions souligné, au départ, le caractère aliénant
Ce serait, aussi, présenter les objectifs souhaités et voulus comme des finalités qui nous seraient imposées et que nous devons réaliser indépendamment de notre volonté. Une telle approche, peut être à l'origine de ce que l'on pourrait considérer comme un obstacle épistémologique qui nous empêcherait de comprendre le fond de la question ainsi que la spécificité à travers laquelle elle se pose chez nous. Considérations importantes, dans la mesure où elle nous obligerait à faire preuve de pragmatisme authentique, issu de la philosophie de l'action, radicalement différent de ce pragmatisme d'adaptation qui érige l'opportunisme en stratégie d'action
A ceux qui, pour défendre notre projet de réforme, en parlent comme d'un alignement obligé sur les mesures prises ailleurs, et à ceux qui s'y opposent, arguant des mêmes raisons invoquées par ses défenseurs, nous disons que l'impératif de faire accéder notre enseignement au régime de qualité, que la propre évolution de notre pays nous dicte, constitue le fondement réflexif et technique de ce projet et que le débat devrait désormais porter sur les moyens d'assurer la réussite de cette réforme conséquente de notre enseignement supérieur. Moyens qui ne sont pas seulement d'ordre financier, se rapportant aux infrastructures de bases aux équipements, mais qui sont surtout humains, eu égard au rôle capital que les enseignants sont appelés à assumer, pour assurer cette réussite.
 
Le caractère exptionnellement positif de cette réforme
Pour signifier concrètement l'importance qu'il accorde à la mobilisation de ses collègues enseignants, et à leur nécessaire participation à la réalisation du projet, le Professeur Lazhar Bououni a tenu, en tant que ministre à y impliquer, au stade même de son élaboration, un maximum de personnalités, universitaires de renom et représentant toutes les disciplines d'enseignement et de recherche ainsi que divers sensibilités politiques et syndicales.
Mais peut être, est-il aussi temps de procéder à une évaluation réfléchie des différentes visions qui ont présidé, par le passé aux choix des différentes réformes précédentes.  Et, ce dans le but d'établir un réel diagnostic que nous permettrait de cerner de plus près, la spécificité de l'étape à venir et d'en décider, en connaissance de cause, des moyens nécessaires à sa réussite. Ce qui pourrait permettre de convaincre beaucoup plus d'intervenants du caractère exceptionnellement positif, parce que réellement motivant, de l'actuelle réforme.
Si l'on parle de « motivation réelle », ce n'est pas seulement vrai pour les jeunes enseignants qui trouveront dans la participation active à ce projet, une raison de se réaliser eux-mêmes, dans l'activité créatrice dont ils auront à faire preuve, mais également pour leurs aînés, nantis d'une longue expérience, certes, mais dont certains parmi eux, y trouveront l'occasion inespérée de se remettre en question et de réaliser, au quotidien, que "l'espérance doit l'emporter sur l'expérience".
C'est peut-être, aussi, la réalité de cette "sous analyse", du système jusqu'ici en vigueur, qui fait que l'approche qui se laisse deviner à travers la rédaction juridique du nouveau texte, continue, comme par le passé à négliger l'apport de la culture à l'économie et même à l'innovation technologique ainsi que l'apport salutaire que pourrait avoir une approche économique de l'activité culturelle, à la mutation qualitative souhaitée de cette dernière. On y évoque "l'encouragement des universités aux activités à caractères, culturel, sportif et social" en se référant d'une manière implicite à certaines rubriques en rapport à cet encouragement figurant dans les budgets des institutions universitaires tout en passant sous silence le fait, exceptionnellement tunisien, qu'une bonne partie de ces institutions dispense un enseignement consacré aux lettres, aux sciences humaines et sociales aux beaux arts, aux arts et métiers, au design, au théâtre, à la musique et à l'architecture. L'enseignement de toutes ces disciplines de savoir et de maîtrise à un niveau universitaire, permet , sans que l'on se rende compte d'une manière "visible", à notre activité de développement global d'accéder à une plus value, de nature symbolique, certes, mais qui est loin d'être symbolique au sens qualitatif.
Il est vrai, également que les autorités politiques, aux plus hauts niveaux de la hiérarchie n'ont pas cessé de rappeler l'importance de ces activités culturelles, par le fait même qu'elles sont initiatrices de cette créativité et de cette imagination concrète dont on doit faire preuve pour réussir cette transformation qualitative de notre enseignement, comme l'a souligné, à plusieurs reprises le Ministre de l'Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique lors des réunions de travail organisées au siège de son département ou bien lors des multiples meetings d'information, organisés au niveau des régions.
 
Se prendre de plus en plus en charge
Cette procédure démocratique dans l'instauration du nouveau régime, inaugurée par le Ministre, se retrouve également dans les modalités de son application, au niveau des institutions. S'agissant, en fait, d'un programme qui vise également à préparer les universités et les institutions qui en dépendent à se prendre de plus en plus en charge et à assumer d'une manière conséquente et responsable leur autonomie dans la gestion administrative, financière et de la pédagogie, ces institutions universitaires ont été sollicitées à participer à la réforme en proposant des parcours de formation détaillés et conformes au canevas général proposé par les commissions sectorielles nationales, composées elles-mêmes, exclusivement, d'enseignants.
Voici donc entamée, depuis plus d'une année, une réforme de l'Enseignement supérieur dont l'objectif est l'instauration, en Tunisie, du régime L.M.D ainsi que l'adoption de moyens d'évaluation adéquats que nous impose la nécessité objective de faire accéder cet enseignement à la qualité qu'il mérite et qu'on ne peut que lui souhaiter.
Pour la première fois dans l'histoire des réformes que le système universitaire et éducatif tunisien a connues depuis l'indépendance, cela se présente sous le signe distinctif d'amélioration de la qualité, et de l'enseignement et de celle de sa gestion. Il s'agit d'un programme qui participe d'une stratégie à moyen terme qui vise une sorte de mise à niveau des institutions universitaires qui permettrait à ces dernières de devenir performantes, au niveau de la gestion efficace de leurs ressources financières et humaines et à l'enseignement qu'elles dispensent de devenir mieux ciblé. Et ce, en précisant encore plus ses objectifs, en les mettant d'une manière lucide et responsable, en corrélation, avec la réalité du pays et avec ses besoins en agents hautement qualifiés, créateurs d'emplois en producteurs de richesses.
Comme on le voit, il s'agit d'une tâche pour le moins difficile qui ne peut être menée à son terme sans la participation effective de tous ceux pour qui l'enseignement demeure encore une mission et non pas, seulement, une fonction de qualité, objectivement désirable.
Comme dans d'autres domaines, la Tunisie laborieuse choisit la voix de l'effort et de l'autodépassement permanent. Dans ce secteur, particulièrement stratégique et d'excellence qu'est l'enseignement supérieur, il s'agit d'éviter à nos universités de rassembler à ce "savant sourd, évoqué par Tolstoï, qui répond à des questions que personne ne pose".
Par Universitaire tunisien
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Lundi 28 janvier 1 28 /01 /Jan 21:58
Débats : Loi d'orientation de l'enseignement supérieur en question
Sami Aouadi, Secrétaire Général du Syndicat Générale de l'Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique: « De quelle autonomie de l'université parle-t-on ? Le Temps 28/1/2008

// La Chambre des députés se prépare à examiner une nouvelle loi d'orientation de l'enseignement supérieur qui doit remplacer celle de 1989. Nombreux sont ceux qui jugent que cette dernière est devenue, vingt ans après sa promulgation, obsolète et incompatible avec les transformations survenues dans le domaine de l'enseignement supérieur, que ce soit dans ses méthodes d'enseignement,

//

son système de diplômes ou son mode de gestion des institutions.
 I- Importance et contenu de la loi d'orientation
Cette loi revêt une importance capitale et à plusieurs égards : sa durée historique (s'étalant entre 20 et 30 ans), ses incidences sur le remodelage et la restructuration du système de l'enseignement supérieur, sur la redéfinition et la redistribution des rôles et des tâches des différents intervenants et sur les conditions de travail et le rendement du système global de la recherche et de l'enseignement. Le projet de loi ajoutera à la loi 70-1989, une nouvelle rubrique qui se rapporte aux questions de l'évaluation, de la qualité et de l'accréditation.
 
II- Unilatéralisme et absence de consultation
En raison de son importance et pour les raisons ci-haut évoquées, l'élaboration de telle loi dans les pays développés fait habituellement l'objet d'une large concertation entre toutes les parties concernées, notamment les représentants syndicaux des universitaires. Dans les pays européens, la concertation a ainsi pris pas moins de 5 années avant d'aboutir. Il en va tout autrement dans notre pays. Le ministère de l'enseignement supérieur a choisi, à propos de cette question - et de bien d'autres - d'ignorer toute concertation ainsi que la nécessité d'un consensus concernant les grandes lignes de ce projet de loi. Le Ministère a délibérément ignoré les multiples remarques que lui a adressées la FGESRS relativement au projet de loi. Il a préféré présenter son projet de loi dans sa première mouture directement au Parlement, faisant fi aussi des multiples et substantielles remarques que lui a faites le Conseil Economique et Social relativement à son projet.
Et contrairement à la démarche du ministère, et parce que la loi d'orientation constitue la colonne vertébrale du cadre juridique de l'enseignement supérieur et de la recherche scientifique d'une part, et que d'autre part, le ministère cherchera certainement à travers son projet à réviser plusieurs textes de loi régissant notre secteur et notamment les statuts des différents corps, nous avons tenu à la FGESRS, à se préparer à cette importante échéance en élaborant à travers des concertations qui se sont organisées aux échelles régionale et nationale, un projet syndical alternatif de ce que devrait être la loi d'orientation de l'enseignement supérieur, afin que notre syndicat puisse jouer son rôle avec la crédibilité et l'efficacité requises.
 
III : Interrogations cruciales 
Maintenant que le texte de la loi d'orientation a été soumis au Conseil Economique et Social et au Parlement, nous formulons les interrogations suivantes, espérant qu'à travers elles, nous puissions faire parvenir aux décideurs les préoccupations des universitaires ainsi que leurs ambitions, afin que ne soit pas manquée l'occasion de concevoir une loi, en symbiose avec l'esprit du temps et avec ce qui est en usage dans les universités des pays développés, voire dans certains pays arabes et africains.
 
Titre I : Objectifs fondamentaux et organisation générale
Dans l'article 3, le projet du ministère aborde l'adoption du nouveau régime d'enseignement et de diplômes dit LMD (Licence, Mastère, Doctorat,...). Il est remarquable qu'une réforme d'une telle ampleur se fasse sans consultation aucune. Sa mise en place en Europe a requis des années de préparation et des cycles de consultation entre les différentes parties concernées. Il n'est pas inutile de rappeler que le régime LMD a été instauré chez nous sans aucun fondement juridique et sur la seule base d'une circulaire ministérielle, et en l'absence de toute évaluation des réformes antérieures. Or, un changement d'une telle envergure devrait s'accompagner d'une réforme du régime de rémunération et des grades au sein de la fonction publique. Il doit aussi être concomitant avec la mise en place de structures d'accompagnement et d'encadrement à l'échelle régionale dans le cadre des Universités. Il doit préciser les nouvelles tâches, surtout celles pédagogiques afférentes à l'accompagnement des étudiants tout le long de leur cursus, au contrôle et à l'évaluation de leurs activités. Il en va de même pour la détermination des tâches administratives afférentes à l'orientation et de plusieurs autres tâches que le projet ministériel passe sous silence bien qu'elles soient essentielles et nécessitent une estimation de leur ampleur et de leur rétribution. Il est nécessaire aussi que le nouveau régime soit assez souple dans l'organisation des horaires de l'enseignement tout au long de l'année.
Concernant l'article 4, il faut signaler la nécessité d'intégrer les Instituts Supérieurs des Etudes Technologiques (ISET) au sein des Universités comme c'est le cas des autres institutions universitaires, et ce, pour mettre fin à leur isolement.  
 
Titre II : Les Universités
Tout en maintenant le caractérisation ancienne des institutions universités (institution publique à caractère administratif... dont le budget est rattaché réglementairement au Budget de l'Etat), l'article 9 ajoute une caractéristique nouvelle : « institution publique à caractère scientifique et technologique... régie par le droit commercial». La nouveauté est problématique : s'agit-il d'un nouveau mode de financement des institutions à caractère technologique ? Pourquoi omet-on de mentionner que leurs budgets sont rattachés réglementairement au budget de l'Etat ?
Et quoique, l'article 10 mentionne bien que les Universités sont indépendantes dans l'exercice de leurs fonctions pédagogiques et scientifiques, et qu'elles sont garantes de l'objectivité de la connaissance, il est question de s'interroger sur les mécanismes qui garantissent l'autonomie alors que les Présidents des Universités sont nommés par l'Administration et qu'aucune mention n'est faite du respect des libertés académiques comme c'est le cas dans les pays développés que notre ministère cherche à en imiter les réformes.
Par quel moyen peut on garantir ces libertés alors que les textes en vigueur qui régissent les séminaires et les rencontres scientifiques soumettent les universitaires qui y participent à des autorisations préalables ?
Pourquoi omet-on dans l'article 12 se rapportant aux contrats de formation et de recherche de mentionner la nécessité que le contrôle des dépenses dans les laboratoires et les unités de recherche se fasse à posteriori et non à priori ? N'est-ce pas pourtant ce que le Président de la République a annoncé depuis longtemps ?
Et alors qu'on s'attendait à ce que le ministère, à l'instar de ce qui est en usage dans les universités des pays développés voire dans les pays d'un niveau égal au nôtre, reconnaisse le principe d'élection des Présidents et vice-présidents des Universités, non seulement l'article 14 ignore ce principe fondamental mais, la nomination à ces postes est prolongée à quatre années au lieu de trois actuellement.
Peut-on encore parler dans ce contexte d'autonomie des Universités ? Pourquoi copions-nous le régime LMD, les projets de la qualité et de l'évaluation chez les universités étrangères, alors que nous fermons la porte aux procédures consultatives et démocratiques de gestion et de choix des responsables, en usage dans ces mêmes universités ?
En quoi ces procédures seraient elles nuisibles ? Pourquoi l'article 19 n'inclut-il pas la composition des Conseils d'Université dans le texte même de la loi, préférant le reporter à un décret ultérieur ? Sachant que la composition de ces Conseils dans les pays développés est faite sur une base représentative et la majorité des sièges y revient aux enseignants.
L'article 22 fait état de la création d'un Conseil dit « Conseil des Universités » présidé par le Ministre de l'Enseignement Supérieur et composé des Présidents des Universités et des Directeurs Généraux du ministère. Malgré l'importance et la gravité des attributions de ce conseil (établissement des programmes de recherche et d'enseignement, mise à niveau des institutions, coordination entre université), des parties dont l'importance est indéniable en sont exclues, comme les doyens et les directeurs des établissements universitaires.
Pourquoi ne procède-t-on pas, comme dans les universités évoluées, à la création d'un Conseil Supérieur de l'Enseignement et de la Recherche Scientifique. Un tel Conseil représentatif, serait le meilleur cadre pour coordonner les normes et les critères dans la conception et le suivi des réformes, dresser la carte universitaire, coordonner le fonctionnement des universités, allouer les budgets, programmer les investissements, contrôler et évaluer la qualité, etc....
 
Titre III : Organisation des institutions d'enseignement et de recherche
L'article 24 reproduit ce que contient déjà l'ancienne loi : il s'agit de priver les universitaires du minimum de consultation démocratique dans l'élection de leurs responsables, ce qui est courant dans la plupart des pays et comme c'était le cas de l'université tunisienne lors de sa fondation (voir la loi de 1958 qui stipule clairement que les directeurs sont certes désignés, mais les doyens doivent être élus). Il importe à ce propos d'insister sur la nécessité de généraliser le principe de l'élection à toutes les structures (doyens, directeurs, directeurs de départements...). Il importe aussi de rappeler que la proportion des institutions universitaires dont les responsables sont élus ne dépasse pas actuellement 10%, et ce en raison de la condition imposée que l'Institution dispose d'au moins 8 professeurs de la catégories A, et en raison aussi de l'exclusion des Instituts et des Ecoles Supérieurs du droit à l'élection. Rappelons enfin que le Conseil Economique et Social recommande quant à lui la généralisation du principe de l'élection.
Quant à l'article 26, il maintient la restriction des attributions du Conseil Scientifique en ne lui accordant qu'un rôle consultatif et reporte la détermination de sa composition et de ses compétences à un décret ultérieur. Ce que revendiquent les universitaires, c'est le caractère délibératoire du conseil scientifique, car sans cela, son rôle perd tout son sens et il n'y a pas lieu de parler de consultation ni de participation au sein de l'Université. Les universitaires revendiqueront aussi que les attributions, la composition et le mode de fonctionnement de ces Conseils soient définis et explicitement énoncés dans le texte de la loi d'orientation et non pas laissés à la discrétion d'un décret ministériel. Ils revendiquent aussi que la constitution des conseils des départements se fasse par voie électorale et que soient définies les compétences des directeurs de départements.
 
Titre IV : Dispositions financières
Abordant les ressources financières des universités (article 35), la loi d'orientation nous réserve cette surprise : sur huit sources de financement, celle des contributions des étudiants est la première. Cela n'a pas manqué d'étonner aussi le Conseil Economique et Social qui a recommandé un reclassement des ressources et réclamé la formulation explicite dans le texte de la loi du principe de la gratuité de l'enseignement supérieur dont le financement doit être principalement public. Il est à craindre que ce soit là une brèche ouverte à la privatisation de l'Enseignement Supérieur et au retrait progressif du financement public.
 
Titre V : L'évaluation, la qualité et l'accréditation
Il s'agit là de notions nouvelles introduites dans l'Enseignent Supérieur à partir de la terminologie de la mise à niveau des entreprises industrielles. L'article 42 mentionne la création de la « commission nationale pour l'évaluation et la qualité... ». Sa composition, son mode de fonctionnement ainsi que les émoluments dus à ses membres sont encore une fois à déterminer par un décret à venir. Et encore une fois le principe de l'élection est ignoré ; principe qui est surtout l'une des garanties de l'indépendance pourtant proclamée dans le texte du projet de loi. Les universitaires considèrent quant à eux, qu'il est nécessaire d'adopter le principe de l'élection dans la constitution des différentes commissions intervenant dans les programmes de la qualité, de manière que y soient représentés et les enseignants et les étudiants et qui y soient représentés les différentes spécialités. Il importe aussi que les critères mis en œuvre lors de l'examen des différents projets, soient objectifs et transparents et que les décisions de la commission soient justifiées et susceptibles de recours.
Il est important que soit reconnue la question de l'évaluation comme mécanisme d'amélioration continue du rendement des institutions universitaires. Mais il faut que cette évaluation revienne aux Conseils Scientifiques et aux Conseils des Universités et qu'elle se fasse selon des critères définis d'un commun accord et basés sur les références de l'UNESCO. L'évaluation doit en outre concerner toutes les parties et ne pas se limiter au cadre enseignant.
Par Universitaire tunisien
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Lundi 28 janvier 1 28 /01 /Jan 13:52

Une grande sociologue nous a quitté. Il s’agit de Ilhem Marzouki…. Une intelligence remarquable, une culture encyclopédique, un sourire désarmant, une gentillesse et une disponibilité de tout moment…notre université et notre Tunisie ont perdu une femme de caractère, une intellectuelle au vrai sens du terme et une humaniste rare….ces écrits sur les femmes tunisiennes et la politique, ces engagements pour la cause des droits de l’Homme et pour l’Université, sa présence pour ses étudiants et ses collègues vont nous manquer…la sociologie tunisienne (ou plutôt ce qui en reste) a perdu l'une de ses grandes figures. Allah yarhamha

Par Universitaire tunisien
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Dimanche 27 janvier 7 27 /01 /Jan 23:52

 

في ندوة صحفية للجامعة العامة للتعليم العالي والبحث العلمي:
** تحفظات عديدة حول مشروع القانون التوجيهي للتعليم العالي... ودعوة إلى إرجاء عرضه على مجلس النواب
** ضرورة إحداث مجلس أعلى للتعليم العالي والبحث العلمي... وإلى تمثيلية كل الأصناف الجامعية داخله

 
تونس ـ الصباح: يمثل مشروع القانون التوجيهي للتعليم العالي والبحث العلمي الاهتمام الاول في الوسط الجامعي ووزارة الاشراف خلال هذه الايام، على اعتبار انه سيمثل نقلة في الحياة الجامعية على كل الاصعدة، وخطوة جديدة في تنظيم التعليم العالي ومؤسساته. وقد جاء هذا القانون بعد قانونين سابقين تم اعتمادهما منذ الاستقلال، وبعث الجامعة التونسية، حيث دام اعتماد القانون الاول 30 سنة، والقانون الثاني 20 سنة.
القانون التوجيهي الجديد الذي تمت صياغته خلال الاشهر الاخيرة سوف يطبع الحياة الجامعية بطابع جديد يشمل سير الجامعة وتسييرها والبحث العلمي، وغيرها من الجوانب الاخرى التي تتصل بالحياة الجامعية، وبالتالي سيكون الارضية الجديد التي تتحرك الجامعة على قاعدتها في المستقبل. لكن يبدو ان الجامعة العامة للتعليم العالي والبحث العلمي لها جملة من التحفظات حول جوانب عديدة منه، وحول الاساليب التي تمت صياغته بها، وخاصة عدم مشاركة الجامعيين وممثليهم في صياغته.
ولكل هذه الابعاد دعت الجامعة العامة للتعليم العالي والبحث العلمي ممثلة في كاتبها العام السيد سامي العوادي وبحضور الامين العام المساعد لاتحاد الشغل السيد محمد السحيمي امس الى ندوة صحفية، حضرها ممثلو الصحافة الوطنية لابراز جملة المآخذات حول هذا القانون. فما هي ابرز مشاغل الجامعة بخصوص القانون التوجيهي للتعليم العالي؟
السحيمي والعوادي في افتتاح الندوة الصحفية
تولى السيدان سامي العوادي كاتب عام الجامعة ومحمد السحيمي الامين العام المساعد للاتحاد العام التونسي للشغل في بداية الندوة الاشارة الى اهمية القانون التوجهي للتعليم العالي، وتقديم بسطة عن القوانين السابقة التي حكمت الحياة الجامعية لـ 50 سنة. وافاد السحيمي في هذا الجانب ان التعليم يكتسي عموما وعلى الدوام احد مشاغل الاتحاد، حيث كان الاخير له اهتمام خاص به على اعتبار ان التعليم يمثل نقطة القوة الاساسية في بلدنا، خصوصا في مرحلة العولمة الحالية التي تتسم بجملة من التطورات والتحولات التي تشهدها كل القطاعات ومن بينها التعليم وتوجهاته. وافاد في هذا الصدد ان القانون الجديد للتعليم العالي طرح على المجلس الاقتصادي والاجتماعي، وابدى بشأنه عديد الملاحظات التي ستمثل وثيقة اساسية في مواقف الجامعة القادمة والاتحاد العام التونسي للشغل عامة
وابرز السيد محمد السحيمي ان المشكلة تكمن اساسا في كيفية تقدير مشاريع من هذا القبيل وكيف تتم الاحاطة والتحيين عبرها وكذلك الصعوبات التي تحصل في كل مرة في مثل هذه القرارات.
كما ابرز ايضا العلاقة الصعبة التي تجمع بين وزارة الاشراف والجامعة العامة للتعليم العالي والبحث العلمي، باعتماد الوزارة على بعض الاطراف النقابية الاخرى وذلك فقط لتهميش ممثلي القطاع. ودعا في الاخير بصيغة تمني ان يؤخذ برأي المجلس الاقتصادي والاجتماعي في هذا الموضوع الحساس؟
تساؤلات حول القانون التوجيهي للتعليم العالي
ابرز السيد سامي العوادي ان مجلس النواب سينظر في هذا القانون يوم الثلاثاء القادم وذلك للمصادقة عليه. وبين ان القانون يكتسي اهمية كبرى باعتبار ما يترتب عنه من اعادة نحت لملامح منظومة التعليم العالي وهيكلتها وتقسيم الادوار ومهام المتدخلين، ومن تأثير على ظروف العمل وآداء المنظومة ككل بحثا وتدريسا. كما سيضيف هذا القانون عنوانا يتعلق بمسائل التقييم والجودة والاعتماد. لكنه يؤكد ان جملة هذا التصور لم يحض بتشريك كل الاطراف في صياغة بنوده وعناوينه، بل كالعادة انفردت الوزارة بالراي والصياغة، ولم تدع أي طرف جامعي الى المشاركة فيه رغم المراسلات المتعددة التي وجهتها الجامعة للوزارة قصد المشاركة في صياغة القانون.
وحول جانب الانفراد بالراي الذي تمارسه الوزارة وانعدام التشاور اشار الكاتب العام للجامعة ان صياغة هذا القانون تمت بتجاهل كامل للجامعة، دون حتى الاهتمام بالملاحظات التي تم توجيهها للوزارة، وسيعرض على مجلس النواب في صياغته الاولى، ودون الملاحظات الجوهرية التي عبر عنها المجلس الاقتصادي والاجتماعي حول هذا القانون.
وبخصوص التساؤلات الجوهرية التي تولت الجامعة ابداءها فانها تتركز حول عديد الفصول الواردة بالقانون وتتمثل في الاتي:
ـ حول العنوان الاول المتعلق بالاهداف الاساسية والتنظيم العام ومن خلال الفصل الثالث للقانون فان ارساءه وقع دون الاستناد الى نصوص قانونية، بل عبر منشور وزاري فحسب وهي تتساءل حول قانونية هذا الفصل.
ـ كما تتساءل الجامعة طبقا لفصول القانون حول وضعية المعاهد العليا للدراسات وضرورة ادماجها في الجامعات كبقية المؤسسات الجامعية لوضع حد لعزلتها الحالية.
ـ بخصوص الجامعات ومن خلال الفصل 9 من القانون تتساءل الجامعة كيف تصنف الجامعة على انها مؤسسة عمومية ذات صبغة علمية وتكنولوجية، والحال ان تصنيفها القانوني تعدها مؤسسة عمومية ذات صبغة ادارية تلحق ميزانيتها ترتيبا بميزانية الدولة.
كما تبدي الجامعة العامة للتعليم العالي والبحث العلمي جملة ملاحظات حول فصول القانون الجديد نذكر منها الفصل 10 و12 و14 و22 و24 و26 و35 و45 وهي تتعلق باستقلالية الجامعة في اداء وظائفها البيداغوجية والعلمية ومدى حقها في انتخاب من يشرفون عليها الذي لم يكرس الا بشكل محدود جدا.
كما تتساءل عن عقود التكوين والبحث وضرورة اعتماد مبدإ الرقابة اللاحقة على المخابر والوحدات. كما تتساءل حول تغييب التنصيص في القانون الجديد على احداث مجلس للجامعات.
انتظارات لم يجب عنها القانون التوجيهي
ويختتم السيد سامي العوادي كاتب عام الجامعة مداخلته بالقول: "هذه جملة التساؤلات التي نسوقها بعد اطلاعنا على مشروع الوزارة للقانون المشار اليه والتي تنم على مخاوف من اصدار قانون لا ينسجم مع روح العصر المنادية بالتشاور والشراكة والحوار، ولا مع خصوصيات الجامعة، وان املنا كبير في ان النواب سيولون الموضوع ما يستحق من العناية والإثراء. واننا لا نسعى من خلال هذا التمشي الا الى ان يكون القانون التوجيهي الجديد في مستوى طموحات كافة المتدخلين في القطاع.
علي الزايدي
(المصدر: جريدة "الصباح" (يومية – تونس) الصادرة يوم 27 جانفي 2008)
Par Universitaire tunisien
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Vendredi 25 janvier 5 25 /01 /Jan 22:01
القانون التوجيهي للتعليم العالي
مشروع غير ناضج، طبخ على نار غير هادئة
!

 
أثارت الجامعة العامة للتعليم العالي والبحث العلمي عدة مسائل جوهرية تتصل بمشروع القانون التوجيهي للتعليم العالي الذي يعرض حاليا على نظر مجلس النواب و صاغتها في وثيقة وزعت بشكل واسع على أعضاء المجلس الاقتصادي والاجتماعي وعلى كافة أعضاء مجلس النواب وعلى وسائل الإعلام المكتوبة التي عرضت هذه الوثيقة ولخصت أغلب مادتها ( انظر الصباح 19-1-2008) 
ففي محاولة منها لخلق موقف مضاد لهذا المشروع وفي ظل تغييب كلي للهياكل النقابية لم تعرف له البلاد مثيلا  ، أكدت الجامعة تمسكها بضرورة صياغة أهداف التعليم العالي، ضمن إطار "منظومة التعليم العالي والبحث العلمي"، بحيث لا تنحصر وظيفة هذه المنظومة في صقل المهارات وتطوير التكنولوجيا، بل تمتدُّ إلي إنتاج المعرفة ونشرها والحرص على تقاسمها وتداولها في الدّاخل والخارج"،..
ورفضت الجامعة، تركيز المشروع على التشغيلية والتوظيف الاقتصادي للمعارف، معتبرة أن ذلك سيجعل التعليم العالي والبحث العلمي، "ينغلق في سياق منفعي ضيّق يهدف إلى تحقيق أهداف عاجلة..
وبخصوص نظام "إمد"، نبّهت الجامعة إلى أن عملية إرسائه قد تمت من دون الاستناد إلى نصوص قانونية، بل تم ذلك بموجب منشور وزاري فحسب، ومن دون تقييم الإصلاحات السابقة، أو إجراء مشاورات مع الهياكل الممثلة للأساتذة على عكس ما حصل في البلدان التي اعتمدته، ودعت إلى "ضرورة أن يتزامن إرساء نظام إمد، مع إحداث تغييرات على مستوى أنظمة التأجير والرتب في القطاعين العام والخاص"..
وذكرت الجامعة بالصبغة العمومية للتعليم العالي والبحث العلمي، مشددة على ضرورة "التصدي لسلعنة التعليم العالي، ولانسحاب الدولة منه تحت غطاء استقلالية الجامعة".. وألحت على ضرورة "الحفاظ على مبدا المجانية في تسيير مرفق التعليم العالي والبحث العلمي، وتعهد الدولة بتمويل منظومته، بغاية تمكين كافة حاملي شهادة الباكالوريا أو ما يعادلها من الشهادات، من التسجيل بالمؤسسات الجامعية وضمان تكافؤ الفرص أمام التعليم العالي والبحث العلمي"، لكنها شددت على ضرورة "عقلنة التصرف في الموارد المتاحة طبقا لمعايير واضحة وعادلة"..
وفي مجال جودة التعليم، أبرزت أن لا تكون الجودة مقدمة لخصخصته أو انبنائه على منطق اقتصادي صرف"، اذ أن "الجودة تقترن بالاعتماد على إطار تدريس قار، وعلى عدم إغراق المؤسسات بأعداد كبيرة من المتعاقدين والعرضيين"..

ودعت الجامعة العامة ، إلى التنصيص على "احترام وضمان الحريات الأكاديمية"،  برفع التضييقات على الأعمال والبحوث الميدانية، عبر إزالة العراقيل الإدارية، مثل حذف التراخيص المسبقة للقيام باستبيانات، والاقتصار على إعلام السلط الجهوية والمحلية، وعلى "احترام الحقّ النقابي وعدم التمييز بين المدرسين، على أساس الانتماء النقابي أو الفكري أو السياسي أو الجنسي أو العقائدي"...
وفيما يخص "المجلس الأعلى للتعليم العالي والبحث العلمي" الذي نص مشروع القانون التوجيهي على إحداثه، أعربت الجامعة العامة عن تمسكها بأن يكون المجلس، "الإطار الأمثل لتنسيق المقاييس والمعايير المتعلقة باستنباط الإصلاحات ومتابعة انجازها، والخارطة الجامعية، والتنسيق بين الجامعات، إلى جانب توزيع عناوين الميزانية؛ وتحديد برامج الاستثمار والتجهيز؛ والإشراف على الجودة والتقييم".....
وأكد الطرف النقابي على صعيد آخر، على ضرورة تعميم مبداالانتخاب بالنسبة لكل الهياكل (عمداء، مديرون، رؤساء أقسام...)، مذكرة بأن نسبة المؤسسات الجامعية التي يسيرها مسؤولون منتخبون، لا تتجاوز حاليا 10% من جملة المؤسسات، وذلك بحكم شرط توفر8 أساتذة من صنف "أ" في الكليات لانتخاب العميد واستثناء المعاهد العليا من مبدأ الانتخاب...
ولقد أثار هذا المشروع عند عرضه على اللجنة الخامسة بمجلس النواب نقاشا حادا مما استوجب عقد جلسات متعددة كان آخرها الجلسة التي انعقدت مساء الاثنين 14-1-   2008ويبدو حسب مصادر مطلعة أن الحكومة العارضة للمشروع قد تضطر إلى إعادة صياغة " شرح الأسباب " وهي الوثيقة التي تصاحب وجوبا أي مشروع قانون . ويذهب بعض المطلعين على الشأن النقابي أن الحكومة قد تستغل مهلة إعادة الصياغة من اجل التريث قبل العودة إلى اللجنة نظرا أولا لخطورة المشروع الذي سيحدد مستقبل الجامعة ربما لأكثر من جيل وثانيا للطابع الارتجالي الذي لوحظ أولا من قبل المجلس الاقتصادي والاجتماعي الذي وجه انتقادات حادة للمشروع وتبنى عموما وجهة النظر النقابية ولوحظ أيضا من قبل اغلب النواب بلجنة التربية  .مع العلم ان المطلب النقابي يتمثل تحديدا في سحب المشروع لإعادة عرضه على الهياكل المخولة من مجالس علمية وأقسام وعمداء ومديرين ومجالس جامعات فضلا عن الهيكل النقابي . وإذا ما أعيد شرح الأسباب وعرض المشروع أخيرا على الجلسة العامة وصودق عليه وهو الأمر المرجح لدينا فان المسالة ستعني فعليا نهاية خرافة الوفاق الاجتماعي القائم على الحوار بين الإطراف الاجتماعيين وذلك باستفراد الحكومة بسلطة التصور بل بحق  التشريع أيضا نظرا إلى أن المشروع ينص في كثير من المسائل على أنها ستحدد لاحقا بأمر .
نريد في الأخير أن ننبه  إلى  أن التسرع في استصدار القوانين  سيؤدي بلا شك  إلى نتائج وخيمة على جميع المستويات ( التكوين ،  نجاعة تسيير المؤسسات الجامعية ، تحكم الطلبة في مساراتهم الجامعية ، ربط منظومة التعليم العالي بسوق الشغل وهو الشعار الذي يردّد على أسماعنا ولا نجد له أي مقابل واقعي  في الكليات الأدبية  والإنسانية  نظرا إلى ضعف حاجة أرباب العمل والمتحكمين في السوق إلى هذا النوع من الاختصاص العام المهمش
 وإذا كانت منظومة أمد التي لم تخضع إلى استشارة جدية وصنعت في غياب الهيكل النقابي ستصل  قريبا إلى استكمال هيكلتها الجديدة، ، على ضوء مجموعة من الإصلاحات التي همت المناهج ومسميات الشهادات والمسالك والشعب، فإننا  لا نشعر كأساتذة  بتغيير يذكر، باستثناء  التقليص  من عدد سنوات التكوين الأساسي الجامعي من أربع سنوات إلى ثلاث بتغيير النظام العام للشهادات، ليتوافق مع نظام أمد.
في حين لم تتم مواكبة التغيير في أساليب التدريس بما يناسب الهيكلة الجديدة من إمكانيات مالية وتقنية وتأطيرية ، و ظلت كليات التكوين النظري العام تشكو من قلة الإمكانات المادية وتدهور بنيتها التحتية  وضعف إطار التدريس وتغيبية الطلبة التي تجاوزت العزوف عن الدروس الوجوبية مع قانون المراقبة المستمرة الذي جاء به نظام 3-5-8  لتصل إلى الامتحانات نفسها التي تخطت فيها غيابات الطلبة حدودا غير مسبوقة 30 بالمائة في بعض الاختصاصات  الأدبية والإنسانية . 
عبد السلام الككلي
 الكاتب العام للنقابة الأساسية لكلية الآداب بمنوبة
Par Universitaire tunisien
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Mercredi 23 janvier 3 23 /01 /Jan 12:41
Paru sur le magazine Réalités du 20/12/2007
L’universitaire de nos jours : Voyage au cœur d’un métier

 
Ils sont actuellement plus de 18.000, toutes catégories confondues, à faire partie du corps enseignant des établissements universitaires. Le grand public est probablement informé sur la disparité des grades, des fonctions et des catégories que recèle la profession d’enseignant à l’Université. En revanche, ce même public est moins initié sur le statut originel de l’universitaire, qui définit son métier et désigne la place qui lui échoit dans la société et qui ne se limite pas à la simple fonction de l’enseignement. Le statut de l’universitaire nécessite donc plus d’un éclairage pour saisir ses paramètres au travers d’une réalité qui fait état d’un malaise manifeste au sein de ce corps pléthorique de l’Université tunisienne, dont les dimensions tendent à devenir incontournables. Comment les universitaires conçoivent de nos jours leur métier et comment le vivent-ils ?



Tel est le thème central que Réalités a évoqué avec M.Mustapha Ben Ltif, directeur du département de Droit Public à la faculté de Droit et Sciences politiques de Tunis, M. Nejmeddine Ben Jeidane, Directeur du département de Physique à la Faculté des Sciences de Tunis, M.Mehdi Jomâa, assistant en Droit Public à l’université de Jendouba, M. Lotfi Ziadi assistant à l’IPSI, M. Kassem Oum Ezzine, maître assistant à l’Université des sciences de Tunis, M. Noureddine Amdouni, maitre de conférence à l’Université des sciences de Tunis et M.Bouteraâ Mouradi, assistant à la Faculté des sciences de Tunis

Au demeurant, ce thème central ouvre, à l’évidence, sur des ramifications essentielles qui constituent visiblement les préoccupations fondamentales des universitaires, à savoir :

-les considérations de notoriété de l’universitaire dans la société,

-les conditions matérielles de la vie quotidienne de l’universitaire,

-les conditions de l’enseignement, de l’encadrement et de la recherche scientifique dans les enceintes universitaires.



Le métier d’universitaire : une vocation, un choix

Il convient, au préalable, d’observer que le métier d’universitaire est une vocation à laquelle on se prépare et on se décide des années à l’avance, au prix de grands efforts de labeur, de longues études et la préparation de thèses... C’est par excellence le métier de la création, de la connaissance, la diffusion du savoir et le foisonnement des idées.

Il importe de souligner également que ces principes fondateurs ont été à l’origine de l’édification de l’Université tunisienne.

« L’universitaire choisit ce métier pour des considérations de valeurs, de conviction et de principes. On ne le choisit pas pour des buts lucratifs», nous dit M Mustapha Ben Ltif.

Et d’ajouter que « La satisfaction de l’universitaire est plutôt intellectuelle, de réflexion. Elle vient du fait de se sentir dans un environnement d’épanouissement».



Le droit à la notoriété

« Il est du droit de la société d’exiger de l’universitaire un plus parce qu’il est de l’élite , mais lui-même a besoin de considération pour jouer son rôle d’éclaireur de conscience», souligne M. Mustapha Ben Ltif. Quant à savoir si cette considération ne se trouve pas, de nos jours, lésée, M Najmeddine Jeidane déplore la tendance nouvelle qui est en train de gagner notre société et qui consiste à se référer à « la situation matérielle de l’individu comme critère unique de valorisation, au détriment des valeurs morales».

Toutefois, la nuance à ce sujet vient du côté de M. Mehdi Jomaâ, qui se réjouit de l’atmosphère de «considération manifeste, de respect et de convivialité dont les étudiants et les habitants de la communauté de Jendouba entourent les universitaires». «Heureusement que plusieurs secteurs sociaux croient encore en la valeur intrinsèque de la science comme dans son rôle dans l’ascension sociale et ne sont pas encore contaminés par l’influence des jeux télévisés qui propagent les illusions du gain facile», ajoute-t-il

«Il est même à craindre que certains universitaires ne portent eux-mêmes préjudice à leur notoriété», observe M. Lotfi Ziadi. «Car» dit-il, «en raison de la dégradation de leur situation matérielle et de la réduction de leur horaire de travail, certains universitaires s’adonnent à des activités lucratives, ce qui risque de porter atteinte à leur image de marque. »



L’autonomie et la liberté académique

Ce sont là deux principes de base sur lesquels ont insisté nos interlocuteurs.

Pour M. Mehdi Jomâa, « l’autonomie de l’Université et la liberté académique font partie de l’essence même du statut de l’université et de l’universitaire».

Pour sa part ,M. Mustapha Ben Ltif estime que « la liberté de pensée et d’expression est une condition vitale pour l’universitaire. De même qu’une garantie d’indépendance, d’objectivité et de neutralité sont de rigueur pour lui.

«Celui-ci ne doit pas être instrumentalisé par le pouvoir ni par une quelconque idéologie. Toutefois le principe de neutralité ne signifie pas le désintéressement ou la démission de l’universitaire ni l’abandon de sa citoyenneté. La neutralité signifie surtout l’objectivité, l’indépendance, l’équilibre dans le traitement des idées des philosophes et des systèmes politiques, juridiques et sociaux».

Toujours selon M.Ben Ltif, «Ces conditions varient d’un contexte à l’autre. Elles sont liées au progrès du pays et du degré de développement et de confort matériel et intellectuel. Les pays qui sont les plus avancés sur le plan scientifique sont ceux qui ont su concilier entre démocratisation et qualité de l’enseignement.

Dans le contexte tunisien, on assiste à une banalisation de la place de l’universitaire dans la société. L’université d’aujourd’hui éprouve un besoin réel d’élargissement des espaces d’autonomie et de liberté pour qu’on puisse par la suite soumettre l’universitaire à une évaluation plus sévère et pour que la société lui demande des comptes. »



Déclassement social ?

Une étude effectuée par la Fédération Générale de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche scientifique soutient que le revenu par habitant en Tunisie aurait augmenté de 7,5% tandis que le revenu des universitaires n’aurait pas dépassé les 2,5%. Sachant que le taux d’inflation est de 4%, le pouvoir d’achat des universitaires aurait ainsi connu une érosion de 2% au cours des quinze dernières années.

Quoiqu’il en soit, nos interlocuteurs sont unanimes à considérer que la situation matérielle de l’universitaire s’est dégradée à telle enseigne que celui-ci vit un véritable « déclassement social. »

C’est ainsi que M. Najemeddine Jaiden remarque que le niveau de vie des professeurs a sensiblement diminué par rapport à ce qu’il était auparavant. «Certains de mes collègues, qui naguère roulaient dans des BMW, ont été obligés pour renouveler leurs véhicules d’acheter des voitures populaires», dit-il.

M. Noureddine Amdouni souligne pour sa part que « les soucis de fin de mois et l’endettement sont désormais le lot commun de la plupart des universitaires». « Et qu’on ne nous reproche pas de vouloir d’arrondir nos salaires sous prétexte que nous n’effectuons que 5 heures et demie de travail par semaine. Car les gens doivent savoir le volume réel de labeur qui existe derrière ces 5 heures et demie. Il y a en effet un effort de préparation des cours , de recherches, de correction des examens, de préparation des problèmes et des exercices, en plus de l’encadrement des étudiants et d’autres tâches que l’on effectue bénévolement, y compris les cours de rattrapage. »

S’agissant de l’augmentation des heures de travail en parallèle avec l’augmentation du salaire, M. Amdouni a estimé que ce n’est point là la solution et qu’à la limite il préfère garder le statu quo.De son côté, M. Mustapha Ben Ltif constate que l’universitaire, de nos jours, se trouve « noyé dans des problèmes matériels et de fin de mois alors que son statut exige un minimum de confort et d’épanouissement afin de pouvoir mieux se concentrer sur la recherche et la réfection».

M.Mehdi Ben Jomaâ considère de son côté que le métier d’universitaire comporte un «investissement constant pour améliorer chaque jour davantage son niveau et être au diapason des dernières innovations dans le domaine du savoir et des connaissances». Cela nécessite selon lui des dépenses pour acheter des revues et des bouquins, pour se procurer un matériel informatique convenable, pour assurer les frais de connexion à Internet et ceux des déplacements aux colloques et séminaires… »



Massification et conditions de travail

L’évolution de l’Université tunisienne atteste d’une donnée désormais incontournable, à savoir la massification rapide observée à la fois au niveau du nombre des étudiants et des universitaires.

Une lecture descriptive rapide des données relatives à l’évolution de l’Université tunisienne dégage d’emblée cette massification. (voir tableaux et graphiques (Source ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique).

En effet, parallèlement à l’augmentation du nombre des étudiants,on assiste aussi à celle des enseignants dont le nombre a quadruplé en moins de deux décennies.

Cette augmentation a été accompagnée d’un effort de l’Etat au niveau du financement, qui a augmenté en volume et en proportions par rapport au budget de l’Etat, atteignant plus de 5% de ce budget pour l’année universitaire 2006-2007. Cet effort a également porté sur la création de nouveaux pôles universitaires, notamment à l’intérieur du pays. On compte ainsi treize universités regroupant 190 établissements.

Le problème de la massification existe, est-il pour autant résorbé en vue de garantir à l’universitaire de meilleures conditions d’exercice de son travail ?

Selon M. Ben Jeiden, la Faculté des Sciences de Tunis n’a été agrandie que de deux blocs seulement depuis trente ans. «La bibliothèque, qui est conçue pour une population de 3.500 étudiants est actuellement destinée à 13.000 étudiants. Dans les salles de classe et les amphis, les étudiants sont en surnombre .Les conditions d’hygiène sont déplorables. Et que dire de l’entretien… Il n’y a plus d’atelier de menuiserie, ni de peinture, ni de mécanique car les anciens maîtres d’atelier sont partis en retraite et l’administration ne les a pas les remplacés».

De son côté, M. Amdouni souligne que la massification nuit beaucoup à la bonne marche des cours, des travaux dirigés et des travaux pratiques. «L’amphi, qui ne peut contenir dans les conditions normales plus de 80 étudiants, est actuellement occupé par 200 étudiants. Les séances de travaux dirigés sont effectuées en présence de 50 étudiants au lieu de 20 dans les conditions normales».

M. Oum Ezzine observe néanmoins que le phénomène de massification est maîtrisable par une « gestion rationnelle » des locaux universitaires. Il observe à ce titre que la Faculté des Sciences de Tunis est surchargée le matin et presque déserte l’après-midi.

Nuance du côté de Jendouba, où M. Jomâa affirme qu’il n’y a pas de problème de surnombre ; la massification n’est pas ressentie ; ce qui rend, à l’évidence, l’exercice du métier plus aisé.



La recherche scientifique : progrès et insuffisances

Il y a lieu de rappeler que la recherche scientifique est le deuxième vecteur des prérogatives de l’universitaire. Sur ce sujet, les enseignants, en l’occurrence ceux de la Faculté des Sciences de Tunis, ont reconnu les progrès enregistrés dans ce domaine. Ils ont fait part de l’augmentation des unités de recherche et du financement étatique de ce secteur. M. Ben Jeiden souligne que «depuis au moins huit ans une nette amélioration du budget alloué à la recherche scientifique est enregistrée. »

Pour sa part, M. Oum Ezzine déclare : « les efforts louables consentis au niveau du financement, les moyens importants qui sont mis à la disposition des chercheurs comme l’amélioration des laboratoires au point de vue des conditions matérielles ne posent plus de problèmes pour la recherche scientifique». Toutefois, nos deux interlocuteurs s’accordent pour désigner «la lourdeur administrative» comme étant le principal handicap de ce secteur, et notamment pour obtenir promptement le financement des projets de recherche.

Il a été également question des pôles technologiques envisagés par les autorités comme un créneau porteur de la recherche scientifique et de son articulation avec le domaine pratique. A ce sujet, M.Ben Jeidene note le clivage qui sépare encore la recherche au niveau théorique du domaine de l’application. M. Oum Ezzine estime quant à lui que les projets des pôles technologiques devraient être bien étudiés pour les adapter à la réalité tunisienne.

M. Bouteraâ Mouradi nous indique qu’il y a des domaines porteurs dans la recherche scientifique et dont les résultats devraient avoir des répercussions bénéfiques sur notre pays, tels que le renouvellement énergétique et le dessalement de l’eau. Il a cependant regretté le fait que ces projets de recherche exigent de gros moyens financiers pour l’achat du matériel de laboratoire. Il a en outre déploré le fait que certaines entreprises font appel à des experts étrangers pour des projets de recherches et délaissent les chercheurs tunisiens alors que ceux-ci sont «à la pointe des innovations dans le domaine de la recherche».

Au terme de cette enquête, trois observations émises par nos interlocuteurs méritent d’être citées.

La première concerne le régime de retraite des universitaires. D’aucuns parmi nos interlocuteurs estiment qu’il est prématuré pour un universitaire de partir à la retraite à soixante ans alors qu’il a atteint « la maturation et la vitesse de croisière », selon M. Ben Ltif.

La seconde se rapporte à la nature des rapports qui existent entre le corps enseignant et le corps administratif au sein d’un même établissement universitaire. M. Jomaâ observe à ce sujet qu’ « avec le changement du doyen de l’Université de Jendouba, beaucoup de malentendus ont été dissipés et un meilleur climat de concertation et de coopération entre les universitaires et l’administration a supplanté les tensions qui ont duré quatre ans».

La troisième remarque a trait à la « succession de réformes hâtives » qui sont effectuées souvent sans concertation avec les universitaires selon M Oum Ezzine. Il a à cet effet été question de la réforme LMD sur laquelle notre interlocuteur note la nécessité pour le ministère d’être à l’écoute des universitaires sur ce sujet qui est encore entouré de désinformation et de zones d’ombre. Mais là, c’est une autre paire de manches…



Abdelmajid Haouachi
Par Universitaire tunisien
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